Olivier Schinz. Construction du genre chez des Maures de Mauritanie, suivi de Quelques problèmes de méthode ethnographique.

Mémoire de licence en ethnologie.
Directrice de mémoire: Laurence Ossipow ; membre du jury: Christian Ghasarian
Soutenance: 17 octobre 2001

Les figures du masculin et du féminin des Maures de Mauritanie décrites dans la première partie de ce travail sont celles de groupes qui comptent parmi les plus dominés de cette ethnie. On y découvre que ces figures se caractérisent avant tout par leur ambivalence : tantôt le masculin domine très nettement la scène, tantôt le féminin, lors d'occasions bien particulières, se montre particulièrement fort et dominant. L'étude de différents lieux, moments, discours et pratiques permet de redonner une partie de la richesse vécue au quotidien à l'aide de descriptions qui soulignent la finesse des stratégies mises en oeuvre par les membres pour questionner les rôles et les statuts genrés.

Les seconde et troisième parties de ce travail sont dédiées au questionnement des aspects méthodologiques et théoriques qui ont présidé à la construction de sa première partie. C'est la figure de l'ethnographe qui est principalement étudiée, dans ses tensions et incohérences les plus prégnantes ; le statut des données que celui-ci crée et récolte lors de son terrain est lui aussi interrogé. La thèse centrale concerne le principe classique, mais souvent implicite, qui veut que l'ethnographe récolte des données qui, selon les cas, sont plutôt "bonnes" ou "mauvaises". Or, tant l'ethnographie de la première partie que les réflexions qui suivent tendent à faire de l'ethnographe une personne qui, comme les autres, participe à la création des données (il ne les récolte pas) dont on met en évidence, pour leur part, la pertinence de celles qui ne sont habituellement considérées que comme des "déchets" ou des "scories de la mémoire".

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